J'écoute ******
L'anorexie parce que c'est un moyen pour moi de ne pas être abandonnée par les gens je pense, mais aussi parce que c'est mental chez moi, mais réellement hein ! Je ne parviens pas à m'en défaire, d'ailleurs, je m'en veux terriblement d'être tombée là-dedans, moi la fille si droite d'autrefois et qui est devenue « tordue » il y a quatre ans de cela. La vérité c'est que je suis une inconditionnelle perfectionniste, j'aime tout contrôler : la nourriture, les autres, ma vie et je me sens totalement déboussolée lorsque j'ai l'horrible sensation que les choses m'échappent. Et si mes maux viennent s'échouer sur mon clavier c'est que dans mon c½ur ils cognent trop fort pour y rester. J'ai ce grand besoin d'extérioriser ma haine, ma colère et ma peine afin de ne pas me perdre, de garder mes idées claires. La boulimie pourquoi ? Parce que j'ai ce manque en moi qui persiste, parce qu'en avalant de la nourriture j'ai l'impression de le combler mais aussi parce que je me hais, c'est une façon de me confirmer que je suis un être immonde, de l'auto destruction à l'état pur. Et maintenant, guérir pourquoi ? Parce que j'ai cette envie incessante de vivre comme toutes les jeunes filles de mon âge, ce feu brûlant qui me dévore de mordre la vie à pleine dent, cette envie ardente de profiter de chaque jour qui m'est offert et de rendre heureuses les personnes que j'aime. J'ai connu des choses que j'aurais aimé ne jamais connaître, mais on n'y peut rien, la vie est ainsi faite. Je ne pourrai jamais oublier car cela fait partie de mon passé, et c'est celui-là même qui m'a forgé qui a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. J'aimerai que l'on continue de me dire : « Ju ne coule pas ! » car c'est ce qui me permet de tenir, sans les autres je ne suis rien puisque c'est pour eux que je vis à défaut de vivre pour moi car c'est étrange comme j'ai ce besoin constant que l'on me retienne. Il y a 4 ans, j'ai tenté le Diable sans savoir que je le trouverai, et ça fait mal de prendre conscience qu'on est plus rien pour une personne que l'on a tant aimé, que l'on est plus personne dans les yeux d'une personne pour qui l'on a tout tenté pour devenir quelqu'un. Mon c½ur est tombé sur une bombe et aujourd'hui, il n'en reste qu'une moitié... Quand j'y repense, mon c½ur est victime d'un séisme et d'un tremblement de chaire, Hell était plus que tout dans ma vie, placée sur un piédestal qu'hell n'a d'ailleurs jamais mérité j'en ai conscience, mais hell reste le sommet de mon mea culpa, l'encre de mes veines, le pourquoi de ma dérive, l'histoire même de mon passé. Mon c½ur est un cimetière où chaque tombe porte son nom. Parce que j'ai vécu l'inexplicable et l'indicible à ses côtés : ce fut l'évidence d'une amitié sans borne et sans limite, une amitié plus forte que tout ce qui peut exister dans le monde, mais ce fut aussi le commencement d'une dérive à outrance, sans frein, sans sonnette d'alarme. Et depuis, c'est un peu : « si tu me fuis, je te suis, si tu me suis, je te fuis » et ça fait mal parce que je réalise qu'hell m'est devenue inaccessible « tu cours, tu cours, tu souffres et puis tu prouves », c'est exactement ce que je vis chaque jours. Personne ne peut comprendre qu'un seul être me manque, alors je feins la transparence, mais la vérité c'est qu'hell me manque tellement que j'en crève chaque jour. Je sais que j'ai sans doute trop idéalisé notre amitié, je sais que je l'ai aimé beaucoup plus qu'hell ne m'a aimé, mais je sais aussi que tout ça c'était inscrit dans l'histoire, j'pense que je devais vivre tout ça pour prendre conscience que j'étais réellement vivante ou du moins pour apprécier la chance que j'ai de vivre. Quand on a goûté à un bout de l'Enfer, on apprécie beaucoup mieux la vie, et je sais que beaucoup d'entre vous comprendront de quoi je parle. Ce que je fais là en vérité, c'est ma propre thérapie, celle qui j'espère au fur et à mesure mettra un point finale à ma souffrance. Parce que survivre c'est facile, mais ce qu'il faut, c'est vivre, et ça, ça demande beaucoup de courage. Parce qu'hell est comme une ombre à chacun de mes pas, comme une maladie qui frappe et qui s'en va... Et je sais aujourd'hui que j'aurais beau attendre des heures sur ce trottoir, je ne l'apercevrais pas, j'aurais beau hurler son nom dans toutes les gares, hell ne sera pas là, j'aurais beau m'allonger sur les rails qu' hell ne me retiendra pas...





